dimanche, octobre 02, 2005

Le voyage a Popokabaka

Tout d’abord, excusez-moi pour cette longue absence mais les dernières semaines ont été chargées!
Je vais commencer par notre « périple routier » à Popokabaka. Pour vous situer un peu… Popo est un grand village de la region du Bandundu, une des huit régions du Congo. Popo se sur le fleuve Kwongo, juste a la frontiere angolaise En principe, il y a 370 kilomètres de Kinshasa à Popokabaka mais parce que les routes changent chaque année à cause des pluies, le kilométrage n’est jamais le meme. En temps, le voyage dure 12 heures.
Pour une meilleure vision :
http://eur.i1.yimg.com/eur.yimg.com/i/fr/enc/jpeg/cartes/zc002f0.jpeg

Bon, nous sommes donc partis le lundi 19 septembre vers 5 heures du matin avec Papa Ntango, un chauffeur de C.R.S et Docteur Bajai, le superviseur de Luke pour le programme VIH/SIDA.
Les 100 premiers kilomètres se sont déroulés sans problème : la route était super, les discussions animées et la joie au rendez-vous. Malheureusement vers 9 heures, alors que nous commencions à rentrer dans une nature un peu plus dense et hostile, la voiture s’est arrêtée. Comme ça d’un coup, Papa Ntango a fait une drôle de tête et nous a dit que c’était mort. Pas moyen de continuer. Un boulon s’était défait en dessous de la voiture et apparemment, c’était grave. La conclusion : nous étions coinces en brousse, avec autour de nous...rien.
Pas de village, pas de gens.
Rien.
De plus, nous étions trop loin de Kinshasa et nos téléphones ne marchaient plus…pas de réseaux. Heureusement nous avions un « phony » dans la voiture. Un « phony », c’est une cibie qui est supposée nous relier au bureau central de C.R.S à Kinshasa. Dans la voiture, à la cibie:
« Kilo Mobile, Kilo Mobile ici Kilo base…Répondez…Kilo Mobile, Kilo Mobile, ici Kilo base…En attente. Terminé. »
Et ça a duré, duré, duré avec Kilo Mobile qui répondait pas et nous les Kilo bases perdus dans la jungle… Nous avons passé une bonne heure à essayer de les capter, sans succès. Finalement, Kilo Mobile s’est réveillée et a pris notre message codé. Nous avons expliqué le problème a peu près 5 fois, en s’assurant que Kilo Mobile avait tout compris : nous avions besoin de secours, d’une nouvelle voiture, et d’un garagiste pour réparer la voiture avec laquelle nous avions commence et qui nous avait lâché.
Il était maintenant midi.
Au milieu de rien, nous avons malgré tout trouvé une ferme, la Ferme du Bosquet, ou nous nous sommes assis et assoupis en attendant les secours.
La Ferme du Bosquet portait bien son nom car ce n’était pas une ferme comme vous vous l’imaginez, non, mais vraiment un bosquet. Trois arbres, pas l’ombre d’un cochon ou même d’une poule, juste un petit coin d’ombre finalement. La, nous avons fait une rencontre un peu surprenante. Un petit garçon etait assis sous un arbre. En le questionnant nous avons appris qu’il avait été rejeté par sa famille qui le croyait sorcier. Arès la mort de sa mère, sa famille a décidé qu’il était la cause de ce décès et l’a chassé. Il est donc parti avec pour seule possession un maigre balluchon attaché à un bout de bois. Il avait marché des semaines en provenance de Kikwit (à 300 kilomètres du Bosquet) et était arrivé là, sans nourriture, sans eau, sans famille. Il avait l’intention de se rendre à Kinshasa et trouver un travail, de se débrouiller. Ce genre de problème est fréquent au Congo. Les enfants sorciers sont nombreux et se retrouvent abandonnes. Ils rejoignent la capitale et deviennent des enfants de la rue ou des « shégés » Il fut décidé que la voiture qui nous dépannerait ramènerait ce petit sur Kinshasa.
A 3 heures, les secours tant attendus sont arrives avec une nouvelle voiture et un bout de pizza pour le moral. Nous avons chargé le nouveau véhicule et repris la route, avec 6 heures de retard !
En sachant que le soleil se couche a 18 heures ici au Congo et que C.R.S a de strictes règles concernant les voyages de nuit (interdits), nous avons du nous arrêter dans une mission a mi-chemin. La, nous avons rencontre le Père Antonio, un italien présent au Congo depuis 20 ans. Apres souper Luke et moi avons beaucoup discuté avec lui et avons écouté ses récits de guerre et de pillages. Il nous a expliqué, entre autre, qu’il n’allumait plus les lumières de la mission, ou très peu, pour éviter à la population de penser que la mission est riche. Durant les pillages, les militaires ont été attire par cette lumière et ont tout pillé, détruit et saccagé. Le Père a du fuir et se cacher pour éviter d’être tué. Mais il est revenu et a reconstruit. Il s’occupe en majeure partie du dépannage de camions qui voyagent des centaines de kilomètres pour amener des vivres jusqu'à la capitale (manioc, chèvre, etc… Père Antonio s’occupe également de projets de moulins à eau potable pour les villages autour de la mission.
Apres une bonne heure de discussion, nous sommes allés nous coucher.
Le lendemain nous nous sommes levés à 4 heures et avons repris la route. Nous avions encore à parcourir 150 kilomètres.

10 Comments:

Anonymous Anonyme said...

J'ai vécu trois ans à Popokabaka, avec mon épouse: nous venions de nous marier et sommes partis comme volontaires. Je donnais des cours au Lycée Temuka, ma femme apprenait la couture aux mamans. Je suis curieux de lire la suite de votre voyage.

6:45 PM

 
Anonymous Anonyme said...

Ah, Popokabaka, c'est mon diocèse d'origine. J'y suis encore allé il y a environ 2 ans. La petite cité est dévastée, les routes sont très mauvaises, les ponts ne peuvent plus faire passer des gros véhicules. Leur itinéraire est dévié loin de Popo. Quelle désolation! Quelle regression! Seul Dieu dans sa bonté peut de son propre chef remonter le Congo. Que Dieu bénisse le Congo!

10:03 PM

 
Anonymous JPH said...

j'ai aussi vécu 3ans à popo ; mes trois premieres années ; c'etait il y a fort longtemps ; j'y suis né le 1er mai 1948 ! come j'etais le premier blanc à y naître les soeurs de la mission m'ont fait prince de popo ! c'est sûrement le titre auquel, avec l'age , je tiens le plus ! j'y ait donc passé mes trois premieres années j'ai le souvenir que les hipopotames déambulaient la nuit dans le jardin sur les bords du Kwango et ravageaient les fleurs de ma mère ;je me souviens aussi d'une promenade en bateau sur ce Kwango et que le moteur etait tombé en panne ; j'ai eu tres peur ! voila les seuls souvenirs de ce village dont le nom en fait tant sourire quand je le décline ! Je suis désolé d'apprendre que tout parte un peu à la dérive !
souhaitons un avenir meilleur pour Popokabaka que je revisite toujours avec plaisir par photos Jean Pierre

6:52 PM

 
Blogger Dar Rehla said...

Moi aussi j'y suis né, c'était le 9 févrie 1956. Et j'avoue qu'être né là-bas, à la lueur d'une lampe tempête, représente pour moi une certaine fierté. J'en aussi quelques vagues souvenirs et quelques photos faites par mon Papa. Qui sait, j'y retournerai un jour...

2:49 PM

 
Anonymous Anonyme said...

c'est vraiment intéressant de lire tout cela , comme moi aussi je suis né a Popokabaka le 22 mai 1957.Je n'y ai pas vecu mais j' ai quelques photo' comme souvenir et j'espère de pouvoir y retourner un jour

12:21 AM

 
Anonymous Anonyme said...

bonjour
les choses commencent a changer pour cette grande cite de popo; il ya une annee ;je viens de la ; en esperant que avec la nouvelle route tout ira bien
mayamba

11:12 AM

 
Anonymous mayamba said...

bonjour
les choses commencent a changer pour cette grande cite de popo; il ya une annee ;je viens de la ; en esperant que avec la nouvelle route tout ira bien
mayamba

11:13 AM

 
Anonymous mayamba said...

bonjour
les choses commencent a changer pour cette grande cite de popo; il ya une annee ;je viens de la ; en esperant que avec la nouvelle route tout ira bien
mayamba

11:13 AM

 
Anonymous mayamba said...

bonjour
les choses commencent a changer pour cette grande cite de popo; il ya une annee ;je viens de la ; en esperant que avec la nouvelle route tout ira bien
mayamba

11:13 AM

 
Anonymous mayamba said...

bonjour
les choses commencent a changer pour cette grande cite de popo; il ya une annee ;je viens de la ; en esperant que avec la nouvelle route tout ira bien
mayamba

11:13 AM

 

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