mardi, novembre 08, 2005

Retour au blog


Apres quelques semaines de farniente, me revoila sur le blog. Je vais commencer par un week end de camping super sympa a Bombolomania. Le week end dernier nous sommes partis faire du camping dans la brousse. La route etait sympa, malgre un petit arret photo qui s'est mal passe. Alors que nous prenions des photos d'un immense satellite en pleine campagne, nous nous sommes fait arreter par 2 militaires et un policier en colere. Et oui, les photos au Congo: toujours pas! Ils nous ont demande de leur donner 100 dollars sans quoi ils nous garderaient la. Les negociations ont commence, avec des avis differents de tous.
"Non, non, non, 100 dollars, non! Mais on a du pain, regardez."
"Du pain? Vous rigolez. 50 dollars."
"Non, papa, on te donnera pas d'argent car on a rien fait. On a meme pas pris de photos, on faisait qu'appeler notre bureau pour leur dire ou on etait, c'est tout."
"Descendez de la voiture immediatement."
"Alors la vous revez..." Et tout le monde ferme ses portieres vite-vite.
Et ca continue comme ca pendant 20 minutes, avec Dorothee la conductrice qui s'enerve et nous dans la voiture qui commencons a nous demander ce qu'on va faire. On demarre la voiture avec l'intention de se barrer mais les mitraillettes nous font eteindre le moteur. Finallement, les negociations s'achevent a un total de 3 Primus et un militaire qui releve le numero de notre plaque d'immatriculation. Ils nous previennent que le retour sera difficile et qu'ils nous attendraient. Bon. On verra ca dimanche.
Le reste du voyage s'est bien passe, jusqu'a notre arrivee au site de camping. Un super endroit ou on peut se baigner dans des minis rapides et se laisser deposer sur un banc de sable a l'arrivee. Pour traverser la riviere, un pont en lianne. Nous avons nage beaucoup et profite de la nature aussi en faisant une grande ballade a travers brousse. Le soir, nous avons fait un barbecue geant avec moustiques et instectes. Puis vers 9 heures nous sommes alles nous coucher. Pendant la nuit, alors que tout etait endormi...un cri!
"Ils aaaaaaaaaaaaaaaarrrriiiiivvvvvent!!!" Je regarde Una, ma compagne de tente et lui demande...
"Una, what the @$%$@!K?" Elle me repond qu'elle sait pas, que c'est surement une tribu qui va nous tuer a coups de machette et nous manger tout cru. Nous avons attendu dans la tente, sagement, les yeux grands ouverts et le coeur battant. Mais plus rien. Le calme est revenu et nous nous sommes rendormies.
Le lendemain, vers 7 heures du mat, la tete dans le cul et les yeux gonfles de non-sommeil, nous avons appris que Carl avait eu un cauchemar. Carl tait venu avec nous de Kinshasa-le seul mec de l'equipe. Nous avons bien rigole, avons enfile nos maillots et sommes repartis dans les rapides pour la douche matinale.

jeudi, octobre 06, 2005

La suite du dernier message


Si vous arrivez aujourd’hui, vous ne comprendrez pas ce message. En effet, c’est la suite du precedent. Descendez donc au message qui suit celui-ci, lisez le, et revenez a celui la !
Bon. Nous avions encore 150 kilometres a parcourir, n’est ce pas ?
Nous avons donc pris la route de tres bonne heure, le jour n’etant pas encore leve.
Les derniers kilometres ont pris environ 6 heures. Et pendant ces 6 heures, j’ai du vomir a peu pres 3 fois. Mis a part cela, la route etait tres belle, je dois le dire. Nous avons traverse des forets vierges et des plaines a la Baudelaire pendant 6 heures. Parfois nous restions meme 2 heures sans voir personne. C’est etrange de se retrouver si longtemps sans voir personne.
Nous sommes malgre tout arrives a Popokabaka. Directement nous nous sommes rendus a la Mission Catholique ou Luke et Bajai, comprenant mon malaise, m’ont depose. Eux deux sont alles travailler au projet Sida et j’ai moi meme fait une bonne sieste. Deux heures plutard, Papa Ntango est venu me chercher et nous sommes partis au couvent ou nous etions invite a dejeuner. La, j’ai fait la rencontre d’une dizaine de nones fabuleuses ! Des perles de nones, je vous le jure (rien a voir avec la none droite et severe auquelle mes parents faisaient allusion dans mon enfance!). Il y avait Sœur Annie, Sœur Superieure, Sœur Chretienne et toutes les autres. Pendant le dejeuner nous avons decide ensemble d’un planning pour combler mon apres-midi : nous ferions le tour de la Congregation.
Apres une cigarette et beaucoup de blagues concernant l’abstinence, Soeur Superieure et moi sommes parties. Nous avons commence notre ballade par le cimetiere de Popo. La, elle m’a montre la tombe d’une des siennes morte quelques jours auparavant. Elle m’a explique que la famille de la defunte etait tres en colere car elle voulait recuperer le corps et l’enterrer au village natal. Ici, les deuils sont tres speciaux : on veille des jours et des nuits le defunt en buvant et en fumant du chanvre. La mort est tristement joyeuse. On ne la pleure pas : on la fete.
Les cimetiers congolais ne sont pas comme les notres (France ou Etats-Unis) non plus. De grandes herbes recouvrent des tombes soit en beton soit tout simplement en terre. Des chemins de feuilles de palmiers sont construits de sorte que le chemin soit clair et propre. Apres quelques photos, nous nous sommes diriges vers la maison des aspirantes. Les apirantes sont des novices, ou de futures sœurs. Parmi les 10 que nous avons rencontre, huit en moyenne continueront la vocation. La maison des « bleues » etait tres sympathique, avec beaucoup de rire et d’enthousiasme (toutes les futures soeurs portent leurs cheveux courts et une croix en bois autour du cou). Juste a cote de cette maison se trouvait un orphelinat. Nous y avons passe une bonne heure. La, une vingtaine d’enfants chantait, jouait et me touchait le nez. Je crois que le nez des mondeles (les blancs) est quelque chose de formidable pour les petits congolais. Apres cela nous avons visite la demeure de Mgr. L’Eveque de Popokabaka, la ferme de la congregation et finalement l’ecole et l’hopital. L’hopital a ete pour moi la plus interessante des decouvertes de la journee. La, je me suis faite courser par un trepanose (malade atteint de la maladie du sommeil) a un stade apparement aigu de la maladie et apparement en manque de sexe! J’ai du moi meme me sauver et courir pour qu’il ne m’attrape pas ! Apres cette course poursuite, nous sommes allees a la maternite. La, des mamans de tout age (de 7 a 77 ans…) attendaient d’accoucher ou venaient d’accoucher. Durant notre visite, je n’ai pu faire la rencontre que d’un seul papa alors que une bonne douzaine de femmes etaient la. L’epouse de ce « papa present » m’a d’ailleurs beaucoup emue: croyant etre enceinte de 8 mois et souffrant de douleurs abdominales, elle est venue au dispensaire en vue d’accoucher mais les medecins lui ont dit qu’elle venait a peine d’entamer son troisieme mois de grossesse. Son etat m’a deroute : sur un lit sans matelas et recouverte d'un pagne, elle suait et se tenait le ventre, les larmes aux yeux : elle allait perdre son bebe. La sœur Superieure s’est assise a ses cotes et a essaye de la calmer en lui disant que Dieu etait la, qu’il allait l’aider et qu’il fallait qu’elle continue a vivre.
Apres cette visite, nous avons passe le centre des tuberculeux ou le trepanose obsede a encore une fois essaye de me sauter dessus, sans succes.
Puis nous sommes rentres au couvent ou Sour Annie et moi nous sommes installees au salon et avons discute du probleme majeur a la Congregation : le manque d’eau. En effet, la saison des pluies tardant, les puits sont tous a sec. Il allait falloir essayer de trouver un financement et creuser jusqu'à la nappe phreatique d’où jaillirait l’eau potable. Mais comment ?
A l’heure de la messe, les sœurs se sont retirees a la chapelle a la suite de quoi nous avons dine.
Nous sommes ensuite rentres a la mission ou nous nous sommes douches a l’eau froide et aux mille-pattes. Des "milliers de mille-pattes" se promenaient dans la chambre. Des lezards, des araignee, des sauterelles aussi….Malgre la presence de ces invites, nous nous sommes endormis bien vite.
Le lendemain fut un jour de promenade encore. Cette fois, je suis partie avec le chauffeur de CRS pour visiter le fleuve Kwango d'ou partent des barges jusqu'a Kinshasa. Je voulais a tout prix rencontrer les hommes crocodiles du Fleuve Kwango. La legende veut que ses hommes soient morts et reincarnes moitie-homme, moitie-humain. Malheureusement, meme apres maintes recherches, pas l'ombre d'un croco-congolais! Apres cette recherche, nous sommes passes par le marche de Popo, un petit marche local ou l’on vent frippes, farine de manioc, arachides, legumes, poisson sec, et ou j’ai achete quelques petites boules tres etranges : ces petites boules sentaient l’oignon mais etaient aussi dures que des noisettes. Les locaux les utilisent pour aromatiser les feuilles de manioc en sauce. Le meme soir, nous avons remercie et dit au revoir aux sœurs et sommes rentres a la Mission, prets a repartir le lendemain.
Le voyage retour fut plus court. Sans incident. Juste la route, la route, la route.
Nous sommes arrives a Kinshasa vers 4 heures de l’apres-midi et apres une bonne douche chaude sans mille-pattes, je me suis affalee sur le lit jusqu’au lendemain.

dimanche, octobre 02, 2005

Le voyage a Popokabaka

Tout d’abord, excusez-moi pour cette longue absence mais les dernières semaines ont été chargées!
Je vais commencer par notre « périple routier » à Popokabaka. Pour vous situer un peu… Popo est un grand village de la region du Bandundu, une des huit régions du Congo. Popo se sur le fleuve Kwongo, juste a la frontiere angolaise En principe, il y a 370 kilomètres de Kinshasa à Popokabaka mais parce que les routes changent chaque année à cause des pluies, le kilométrage n’est jamais le meme. En temps, le voyage dure 12 heures.
Pour une meilleure vision :
http://eur.i1.yimg.com/eur.yimg.com/i/fr/enc/jpeg/cartes/zc002f0.jpeg

Bon, nous sommes donc partis le lundi 19 septembre vers 5 heures du matin avec Papa Ntango, un chauffeur de C.R.S et Docteur Bajai, le superviseur de Luke pour le programme VIH/SIDA.
Les 100 premiers kilomètres se sont déroulés sans problème : la route était super, les discussions animées et la joie au rendez-vous. Malheureusement vers 9 heures, alors que nous commencions à rentrer dans une nature un peu plus dense et hostile, la voiture s’est arrêtée. Comme ça d’un coup, Papa Ntango a fait une drôle de tête et nous a dit que c’était mort. Pas moyen de continuer. Un boulon s’était défait en dessous de la voiture et apparemment, c’était grave. La conclusion : nous étions coinces en brousse, avec autour de nous...rien.
Pas de village, pas de gens.
Rien.
De plus, nous étions trop loin de Kinshasa et nos téléphones ne marchaient plus…pas de réseaux. Heureusement nous avions un « phony » dans la voiture. Un « phony », c’est une cibie qui est supposée nous relier au bureau central de C.R.S à Kinshasa. Dans la voiture, à la cibie:
« Kilo Mobile, Kilo Mobile ici Kilo base…Répondez…Kilo Mobile, Kilo Mobile, ici Kilo base…En attente. Terminé. »
Et ça a duré, duré, duré avec Kilo Mobile qui répondait pas et nous les Kilo bases perdus dans la jungle… Nous avons passé une bonne heure à essayer de les capter, sans succès. Finalement, Kilo Mobile s’est réveillée et a pris notre message codé. Nous avons expliqué le problème a peu près 5 fois, en s’assurant que Kilo Mobile avait tout compris : nous avions besoin de secours, d’une nouvelle voiture, et d’un garagiste pour réparer la voiture avec laquelle nous avions commence et qui nous avait lâché.
Il était maintenant midi.
Au milieu de rien, nous avons malgré tout trouvé une ferme, la Ferme du Bosquet, ou nous nous sommes assis et assoupis en attendant les secours.
La Ferme du Bosquet portait bien son nom car ce n’était pas une ferme comme vous vous l’imaginez, non, mais vraiment un bosquet. Trois arbres, pas l’ombre d’un cochon ou même d’une poule, juste un petit coin d’ombre finalement. La, nous avons fait une rencontre un peu surprenante. Un petit garçon etait assis sous un arbre. En le questionnant nous avons appris qu’il avait été rejeté par sa famille qui le croyait sorcier. Arès la mort de sa mère, sa famille a décidé qu’il était la cause de ce décès et l’a chassé. Il est donc parti avec pour seule possession un maigre balluchon attaché à un bout de bois. Il avait marché des semaines en provenance de Kikwit (à 300 kilomètres du Bosquet) et était arrivé là, sans nourriture, sans eau, sans famille. Il avait l’intention de se rendre à Kinshasa et trouver un travail, de se débrouiller. Ce genre de problème est fréquent au Congo. Les enfants sorciers sont nombreux et se retrouvent abandonnes. Ils rejoignent la capitale et deviennent des enfants de la rue ou des « shégés » Il fut décidé que la voiture qui nous dépannerait ramènerait ce petit sur Kinshasa.
A 3 heures, les secours tant attendus sont arrives avec une nouvelle voiture et un bout de pizza pour le moral. Nous avons chargé le nouveau véhicule et repris la route, avec 6 heures de retard !
En sachant que le soleil se couche a 18 heures ici au Congo et que C.R.S a de strictes règles concernant les voyages de nuit (interdits), nous avons du nous arrêter dans une mission a mi-chemin. La, nous avons rencontre le Père Antonio, un italien présent au Congo depuis 20 ans. Apres souper Luke et moi avons beaucoup discuté avec lui et avons écouté ses récits de guerre et de pillages. Il nous a expliqué, entre autre, qu’il n’allumait plus les lumières de la mission, ou très peu, pour éviter à la population de penser que la mission est riche. Durant les pillages, les militaires ont été attire par cette lumière et ont tout pillé, détruit et saccagé. Le Père a du fuir et se cacher pour éviter d’être tué. Mais il est revenu et a reconstruit. Il s’occupe en majeure partie du dépannage de camions qui voyagent des centaines de kilomètres pour amener des vivres jusqu'à la capitale (manioc, chèvre, etc… Père Antonio s’occupe également de projets de moulins à eau potable pour les villages autour de la mission.
Apres une bonne heure de discussion, nous sommes allés nous coucher.
Le lendemain nous nous sommes levés à 4 heures et avons repris la route. Nous avions encore à parcourir 150 kilomètres.

vendredi, septembre 16, 2005

Ceci, cela

Hier j'ai fait des tresses. Ils appellent ca le modele "gros bebe ah, ah". "Gros bebe" car elles sont pas fines- les tresses, et "ah ah" je sais pas...ca veut dire au dessus de l'epaule je crois. Grave hein? Vous me l'accordez!
Mama mia, les tresses "ah, ah" c'est du boulot et ca fait mal! Mais vraiment, la coiffeuse me tirait la tete dans tous les sens, sans menagement...
Enfin maintenant, je suis une congolaise, un peu, comme ils disent ici. Le matin quand je passe devant les gardiens je leur demande: "Oh, Papa ca va ce matin?" et ils me repondent: "Un peu, Maman." Avec eux, c'est toujours "un peu". Jamais "pas", jamais "ca va bien", toujours "un peu".
Pour en revenir aux tresses: le travail a quand meme pris 5 heures et pour moi, rester 5 heures assise, c'est pas possible! La coiffeuse se demandait pourquoi j'arretais pas de gigoter sur la chaise et pourquoi je me levais toutes les 2 minutes pour aller faire pipi, pour aller fumer, pour aller boire! Apres m'avoir rajouter des cheveux, m'avoir tresse et avoir bien ri en me voyant pleurer, Flore la petite coiffeuse s'est rendu compte que les tresses partaient en couille, et elle m'a demande une bougie. Je me suis dit: "Une bougie? Mais pourquoi une bougie, mais elle est folle! Qu'est ce qu'elle veut me faire avec une bougie? Non, non, non... elle va pas me cramer le bout des tifs quand meme?" Et ben, si! Elle m'a brule le bout des tresses pour qu'elles tiennent mieux. Ca sentait le poulet grille dans la maison mais enfin, les tresses sont solidement attachees! On va pas chipoter pour quelques cheveux brules quand meme...
Mes cours de lingala se passent bien et je fais mes devoirs le matin avant que ma prof arrive et elle me dit que si j'etais plus studieuse ce serait vraiment bien! Je commence a avoir de petites conversations ici et la avec les locaux.
Lundi, je pars en voyage avec Luke pour Popokabaka. Luke est rentre de son voyage hier et nous sommes alles manger dans un endroit tres sympa, le 3615. La bas nous avons fete ses 30 ans (car il etait pas la le 14) et il m'a raconte qu'il avait rencontre une femme de 45 ans qui lui avait souhaite la bienvenue...Il a ramene un super gros ananas de mission et des films tres cool. Sur un des films, un petit bonobo tres mignon lui grimpe dessus de peur de se faire attraper apres avoir vole des bananes (il savait que Luke allait pas le battre!). Mais ce bonobo lui a aussi chie dessus la derniere fois!
Lucie ma soeurette m'a demande de preciser ce que voulait dire CRS, alors voila, CRS c'est "Catholic Relief Services" ou Secours Catholique en francais. Le site web est en anglais (pour les courageux) et l'adresse est: www.catholicrelief.org
Bon, je vais maintenant etudier un peu mes cours de microeconomics car mon test on line est le 25 septembre.

lundi, septembre 12, 2005

Lola ya bonobo


**Luke me croit sorciere. L'autre soir, avant son depart pour la brousse, ses yeux ont commence a gonfler et on ne savait pas a quoi c'etait du. Mais vraiment, on aurait dit qu'il n'avait plus d'yeux. Il a pense que je lui avait jete un sort pour qu'il ne parte pas en mission. La derniere fois, il etait egalement tombe malade la veille de son depart et il n'avait pu se rendre au site de son projet du a de fortes fievres...bizarre, bizarre...Sorciere!!!
Mais enfin, il est finallement parti a Lodja, un village ou CRS est en train de construire un orphelinat. La, il se deplacera en moto sur 150 kilometres de brousse. Dommage que je puisse pas etre avec lui.
Apres son depart vers 6 heures du matin dimanche, je me suis levee, ai bu mon cafe et me suis preparee pour la sortie du jour, a savoir la visite du sanctuaire des bonobos: LOLA YA BONOBO.
Les bonobos sont des chimpanzes de taille moyenne qui ne vivent qu'au Congo. Leur principale et favorite activite est de niquer. A l'entree du parc, une pancarte nous previent d'ailleurs: Faites l'amour, Pas la guerre. Et effectivement, les bonobos ne se battent pas: ils niquent!
Nous avons eu de grandes difficultes a trouver ce sanctuaire mais apres 2 heures de route et de nombreuses fausses indications, nous sommes arrives au paradis congolais ("lola" en lingala). Heureusement que nous avions pris un 4x4 car la route etait grave, ensablee et pleine de monde! A un moment, l'asphalte s'est arretee et nous nous sommes retrouves en pleine campagne, entoures de palmiers, cocotiers, manguiers, rizieres et champs de manioc. Et de la, nous nous sommes enfonces dans la jungle. Le paysage etait fantastique et le voyage de type safari moins les animaux sauvages.
Apres un detour au Lac de Ma vallee, un gardien un peu ivre nous a explique le chemin des bonobos en language des signes et en repetant: "SHIT, SHIT". Mais nous avons vite compris que SHIT voulait dire CHUTES. Les bonobos se trouvaient a cote des chutes deKinsuka! C'etait tres bizarre car a chaque fois qu'on demandait "Ah, Papey, ou y sont les bonobos?", les gens nous regardaient comme si on etait dingue. Apparement seuls les touristes sont interesses par les petits singes. En parlant du je-m'en-foutisme concernant nos cousins les plus proches, nous avons vu sur la route de nombreux singes morts pendus par la queue et prets a etre achetes et manges...
Bon, enfin, nous avons pu faire une longue marche a travers le parc sous une chaleur ecrasante et bien sur faire connaissance avec les singes, tous plus mignons les uns que les autres. J'ai joue avec un petit bebe bonobo qui imitait mes gestes et qui me tendait la main...touchant, si touchant. Snif...
Apres notre periple nous nous sommes installes a une table sur une sorte de plage. Malachi, le fils de mes amis, a peche des tetards. Mais les tetards, il a fallu se les trimballer sur le chemin du retour et mama mia...c'etait pas facile de gerer 5 tetards dans un petit verre plastique, dans un 4X4, et dans la brousse! Nous avons propose la liberation instantanee de ces pauvres creatures mais rien a faire: les tetard feraient le voyage coute que coute selon Malachi. Et ils ont survecu! Je ne sais pas comment ils vont aujourd'hui mais je vais bientot le savoir a mon avis.

Un peu plus de details sur les bonobos?

mardi, septembre 06, 2005

L'aventure continue

Alors, les nouvelles du jour...
Deja, nous sommes alles hier soir au resto pour feter nos 4 ans de mariage. Nous avons mange chez Gaby, un petit restaurant portuguais tres sympa. Le patron etait super cool et nous a fait gouter des crottes en chocolat. C'etait bien de se retrouver tous les deux, devant un bon repas, comme a Madagascar.
Au menu:
Pour Luke: steak sauce bearnaise avec frites et gateau a l'orange en dessert.
Pour Audrey: steak sauce roquefort avec riz et crepe au sucre.
D'autres nouvelles maintenant, un peu moins bonnes:
On a plus le droit de se ballader ou on veut!!
Suite a notre aventure un peu epicee de la semaine derniere, Luke a recu un mail de la grande chef (ouh, ouh, ha, ha) qui nous a donne un avertissement. Oui. Un avertisement qui met Luke dans une position un peu delicate. L'histoire pittoresque (...) du fou danseur est remontee jusqu'aux oreilles de "zee boss" et aie, aie, aie...elle nous a envoye un petit email a la sauce "patronne en colere". Dedans, elle a rappele a Luke que les sorties a plus de 5 kilometres devaient etre aprrouvees par ELLE et que d'autres avant nous avaient ete renvoyes aux States pour ne pas avoir su se plier a l'autorite. Nous avons donc, serieusement, un perimetre tres limite de sortie. Mis a part la Gombe et ses environs, l'option "rester a la maison ou vous rentrez chez vous" est la seule et l'unique.
Quant a moi, la femme de Luke, je n'ai pas le droit de prendre les transports en commun sous peine de sanctions. Mais vu qu'on a pas de voiture (nos permis de conduire sont actuellement entre les mains de la fonction publique congolaise qui a recemment casse son appareil-a-faire-les-permis), on ne peut que prendre le taxi.
Mais le taxi est interdit.
On doit se deplacer a pied alors...
Ah mais non, on ne peut pas se deplacer a pied seul. Trop dangereux...
En gros, on est baise. Scusez-moi du terme.

Re- les bonnes choses maintenant:
Mon projet poulocongo a bien evolue en un mois. Nous avons termine le poulailler et les poussins sont a Kimbanseke.
Tout va bien a ce niveau la, a part la difficulte de me rendre la bas autant que je le voudrais (bon OK, j'arrete avec ca, vous avez compris!). Tresor s'est bien debrouille et nous avons pu negocier l'obtention d'un certificat d'elevage pour les 25 eleves qui ont suivi la presentation. Ils pourront un jour peut etre monter leur propre poulailler et leur propre business. Selon nos calculs, Eldorado pourra beneficier de 150 dollars de benefices apres la premiere tournee de poulets. 50 dollars serviront a acheter plus de poussins, de nourriture, et de vaccins, 50 dollars iront en banque et les 50 dollars serviront a remodeler le bureau d'Eldorado. Nous sommes donc confiants concernant le projet. Le site web arrivera bientot. Mais j'ai demande a Brigitte (mon amie qui ecrit le site) d'attendre encore un peu pour le mettre on-line. Je veux que les jeunes ecrivent des articles et travaillent a ce projet web. Moi je traduis les pages et eux ils construisent le site. Oh...la bonne nouvelle est que les pages seront en anglais et en francais!
J'ai eu ma premiere lecon de Lingala lundi matin, j'ai bien aime.
Je possede egalememt ma premiere robe congolaise qui a ete faite sur mesure il y a deux semaines. Le tissu est bariole et la coupe de la robe fait un peu penser a la coupe de la robe verte de Falbala...je retrouve le chemin de nos ancetres!!

mercredi, août 31, 2005

La suite du week end

La reunion de la MONUC.
La conference etait donc dans une paroisse de Kimbanseke. Nous avons pu nous y rendre a la suite de l'episode du fou danseur. La, 150 personnes attendaient l'arrivee de la porte-parole de la MONUC en ecoutant la chanson "MONUC, pour la paix" ecrite par Tresor. Le but de la conference etait en fait de faire comprendre a l'assistance que la MONUC est presente au Congo non par volonte mais pour maintenir le processus de paix.
Nous avons donc pris place en compagnie des gens qui aident Eldorado. Malgre la presence de nombreux jeunes dont j'avais fait la connaissance, une atmosphere electrique regnait dans la salle. Je comprenais mieux les niveaux de securite dont CRS nous a parle au debut. Il y avait dans la salle une tension bien presente, presque palpable. Il faisait chaud, le groupe electrogene faisait beaucoup de bruit, la salle etait pleine a craquer de gens qui attendaient des reponses et un soutien.
Ils s'agitaient sur leurs chaises, s'essuyaient le front avec un mouchoir, attendant l'arrivee de la MONUC.
La conference s'est malgre tout bien passee, avec quelques huees au moment des debats. Un journaliste a insiste lourdement sur les viols et abus de l'organization a l'Est, sur la presence des forces armees deployees au Congo alors que le but de l'ONU etait principalement de maintenir la paix, etc...
Apres quelques rappels a l'ordre de Tresor qui essayait de maintenir "paix et bienseance", l'assemblee s'est comportee de facon correcte, toujours a l'ecoute. Une reussite, en gros!!
Apres la conference, nous nous sommes retrouves chez le Papa de Tresor. La maman avait prepare a manger pour nous qui soutenons Eldorado. Au menu:
- poulet a la congolaise (avec huile, herbes, et duvet oublie)
- chenilles a l'arachide...tres tres bon et plein de proteines...a renouveler!
- foufou fait maison
- feuilles de manioc en sauce
- pili-pili...je ne m'y suis toujours pas habituee!
- riz blanc
- "du sucre"...le "sucre" est en fait un coca ou un soda a l'orange
Le repas etait cordial, avec la porte-parole de la MONUC et son assistante, un employe a l'UNICEF, papa Antoine (qui est arrive en retard a cause d'une double crevaison sur la route!), Luke et moi.
Nous sommes repartis a la maison quelques heures apres. Malheureusement, en reprenant le volant, Danny notre chauffeur s'est trouve coince dans le sable. Rien a faire, la voiture n'avancait pas. Nous avonc donc pousse, sans succes. Une bande de petits enfants s'est precipitee derriere la voiture et a essaye de pousser avec nous. A chaque coup d'accelerateur, ils se sauvaient en courant, sur que le diable allait les attraper! Mais non, la voiture etait bien coincee. La moitie du village est alors arrivee, de facon pacifique (!), et nous a aide a nous sortir de ce mauvais sable. Avec de nombreux efforts et grace a la presence d'esprit des congolais, nous avons pu repartir sous les applaudissements de la communaute. Le retour s'est fait sans encombres.
Fatigues et un peu deroutes, nous nous sommes installes devant la tele des notre arrivee.
Luke a alors commence a faire de la fievre. Il a ete tres malade pendant 3 jours, avec fievre, vomissements, maux de tete...Il va mieux maintenant. Les resultats de ses examens n'ont rien revele d'anormal. Tout va bien...Sans douter de la medecine congolaise, nous allons faire de plus amples examens et chercher ce qui n'allait pas chez Monsieur Luke.
C'est aujourd'hui mercredi, le ciel est lourd et la saison des pluies arrive. On la sent deja.

Le couteau du fou danseur

Ce week end a ete, pour le moins qu'on puisse dire, turbulent. Nous avons decide de nous rendre a Kimbanseke (Luke et moi) pour assister a une conference de la MONUC.

La MONUC: Mission de l'Organisation des Nations Unies au Congo. La MONUC est presente dans tout le Congo pour organiser le processus de paix. Malheureusement, des evenements abusifs ont eu lieu a l'Est du Congo (Bukavu) ou de jeunes enfants ont ete violes et tues par des soldats des Nations Unies. Le peuple congolais a depuis un grand mal a accepter la MONUC en tant que gardien de la paix. Malgre tout, l'ONU travaille chaque jour a la protection des Droits de l'Homme et des citoyens. Comme le disait leur porte parole ce week end, ces abus sont condamnables et ont ete condamnes, mais que, malgre tout, la paix doit s'installer au Congo et la violence doit etre interrompue, sous toutes ses formes.

Nous etions donc en route pour participer a une premiere conference de la MONUC a Kimbanseke qui est, je le repete, un ghetto. Danny, un chauffeur de CRS, etait avec nous. Alors que nous tournions sur la derniere ligne droite menant a la paroisse dans laquelle se deroulait la conference, nous voila coinces dans une espece de regroupement funeraire. Je m'explique...nous etions en fait au beau milieu de funerailles. Et pendant les funerailles, mieux vaut se faire tout petit. Un attroupement s'est vite forme autour de notre voiture. De chaque cote, des dizaines de gens tapaient sur la voiture et la secouaient, en colere. Un gars d'une vingtaine d'annees s'est plante devant la voiture et a griffe le pare-brise avec un couteau en nous faisant des grimaces et en dansant une danse africaine (il faisait bouger son buste, comme envoute)...Danny appuyait sur l'accelerateur mais en face, pas de reponse, le gars ne bougeait pas et continuait a nous menacer de son couteau. La tete dans les mains, je ne savais plus quoi dire, plus quoi faire (et pour moi qui suis d'un naturel plutot bavard, c'etait plus normal)...Le danseur fou a commence a arracher un des essuie-glace en nous regardant du meme oeil, le couteau bien haut. Autour de la voiture, la foule s'emportait et augmantait chaque econde en criant: "L'argent, mondeles, l'argent..." Ils ouvraient les fenetres de la voiture et continuaient a taper du poing et du pied sur la bagnole.
Enfin, j'ai dit a Danny de lui donner un billet, qu'il valait mieux ca que de se faire eventrer par un Jack africain. Danny a ceder et des qu'il a donne 100 francs congolais la foule s'est evaporee comme par magie (encore). Quand on pense que 100 francs congolais ne valent que 25 centimes, c'est desesperant.
Je ne sais pas bien comment reagir face a de tels incidents...
Donner de l'argent? Pas une solution...
Ecraser le gars? Pas bien...
Faire des grimaces en retour? Risque, non?
Nous reflechissons encore a cet evenement deroutant.
Si vous etes interesses, voila le site de la MONUC qui vous donnera un rapport complet des evenements actuels en Republique Democratique de Congo:
  • www.monuc.org
  •